Dernière mise à jour le 3 Avril, 2011
ARTICLE PARU DANS "CAMPAGNES 47" n°57 novembre 2008
La Société
de Chasse d'Aubiac travaille depuis longtemps à la régénération
du lièvre sur son territoire chassable. Les efforts consentis portent
aujourd'hui leurs fruits !
l y a 15 ans que nous nous sommes lancés dans le développement de la population de lièvres sur notre commune. A cette époque, l’animal s’était fait très rare. De plus,le lièvre d’Europe Centrale, qui était lâché pour redynamiser cette espèce, avait du mal à s’acclimater au milieu » explique Jacques Langlade, Président de la Société de Chasse d’Aubiac. Dans un premier temps, la décision est prise de limiter le tir du lièvre à un animal par saison et par chasseur. Les lâchers sont également arrêtés afin de favoriser la reproduction naturelle sur le terrain. Le baguage des prises laisse la place à des carnets de prélèvement qui permettent de mesurer la progression ou la régression des populations. Enfin des comptages nocturnes sont effectués durant le mois de janvier afin de dégager la tendance de la reproduction pour l’année suivante. "Par la suite, avec 9 communes du canton de Laplume et la Fédération Départementale des Chasseurs, nous avons instauré un Plan de Gestion du Lièvre. Cette démarche permet de gérer l’espèce de manière identique sur tout un secteur, c’est à dire une surface de presque 11 000 hectares en ce qui nous concerne » ajoute Jacques Langlade.
Le lièvre en progression
Les jours de chasse sont alors limités aux dimanche, mercredi et jours fériés. Le prélèvement maximal autorisé de lièvres est limité, la Société de Chasse d’Aubiac faisant le choix de se cantonner encore à une prise par chasseur et par saison. Des zones de protection (réserves de chasse élargies avec des parcelles supplémentaires) sont définies à hauteur de 15 à 20% du territoire chassable. « Par cette mesure, nous privilégions de plus grandes surfaces où le tir est interdit de manière à ce que les souches naturelles soient mieux protégées. Il faut préciser qu’un lièvre navigue sur environ 200 hectares» précise Jacques Langlade. Enfin les jachères faune sauvage et les bandes enherbées aux abords des cultures contribuent également à la régénération de l’espèce. Au final, la population de lièvres est en progression. « Sur la commune d’Aubiac, les prélèvements représentent au total une dizaine de sujets par an, pour soixante adhérents à la Société de Chasse ».
Une cohabitation sereine
A tout juste quelques kilomètres d’Agen, la Société de Chasse d’Aubiac est de plus en plus confrontée au mitage du territoire de chasse en raison de l’implantation de nouvelles habitations. Cette tendance, devenue classique pour les petites communes situées en zone péri-urbaine, motive donc les chasseurs à encore mieux valoriser le territoire chassable. « Tout en continuant à pratiquer notre activité dans les meilleures conditions, nous oeuvrons pour une cohabitation sereine entre chasseurs, agriculteurs et néo-ruraux » expose Jacques Langlade. Les propriétaires fonciers et la société signent un droit de chasse. Deux gardes-chasse sont chargés de faire respecter la Loi chez les propriétaires. Un louvetier assermenté par la Préfecture encadre les battues aux renards qui se déroulent du 1er mars à fin juin, lorsque la saison de chasse est achevée. «Dans le cadre des bonnes relations avec le monde agricole, nous procédons à du tir d’été sur brocards afin d’éliminer les populations qui font des dégâts sur les jeunes arbres. Nous participons également à la protection des récoltes de maïs contre le sanglier en installant des clôtures électriques » conclut Jacques Langlade.

Photo Campagne 47